Elena Kuzmin est la première chercheuse de l’Université Concordia à être nommée à la Global Young Academy

Elena Kuzmin, professeure adjointe de biologie et titulaire de la Chaire de recherche du Canada en génomique synthétique et fonctionnelle, a été nommée membre de la Global Young Academy — une première pour l’Université Concordia. C’est également la première fois depuis une décennie qu’une chercheuse ou chercheur d’une université généraliste canadienne y est élue.
La Global Young Academy, un réseau international de chercheuses et chercheurs en début de carrière, reconnaît les scientifiques exceptionnel.le.s et offre une plateforme de collaboration mondiale sur des enjeux clés en matière de recherche et de politique. Le processus de sélection des membres est très compétitif et qu’un très petit nombre de chercheuses et chercheurs seulement est admis chaque année.
Elena Kuzmin se sent privilégiée de rejoindre cette prestigieuse communauté : « Faire partie de la Global Young Academy est une opportunité incroyable de contribuer aux discussions internationales sur la science et la recherche tout en collaborant avec les meilleures chercheuses et chercheurs du monde entier ».
Quant à Tim Evans, le vice-recteur de la recherche, de l’innovation et de l’impact, il estime que l’adhésion de la professeure Kuzmin à la Global Young Academy est un événement marquant pour l’université. « Les travaux novateurs d’Elena Kuzmin dans le domaine de la génomique fonctionnelle illustrent le type de recherche qui a un impact. Elle mérite bien cette reconnaissance et je suis convaincu que cette occasion d’entrer en contact avec les meilleures et les plus brillantes chercheuses et chercheurs du monde complétera grandement ses recherches », déclare-t-il.
Schématiser les complexités de la génétique
Les recherches d’Elena Kuzmin portent sur les interactions génétiques complexes, c’est-à-dire sur la manière dont les mutations de plusieurs gènes se combinent pour influencer les processus biologiques, les états de santé et les prédispositions aux maladies.
Une grande partie de la recherche génétique a toujours porté sur la manière dont les mutations d’un seul gène provoquent des maladies. Les travaux de la professeure Kuzmin explorent en revanche comment de multiples variations génétiques interagissent de manière imprévisible et produisent parfois des effets qui ne peuvent être déduits de l’étude des seuls gènes individuels.
Les travaux de son équipe sur les cellules de levure et les cellules humaines ont révélé la manière dont certaines combinaisons de gènes peuvent entraîner des résultats biologiques inattendus. Un exemple bien connu est celui de la létalité synthétique, dans laquelle deux mutations génétiques qui sont inoffensives en tant que telles deviennent mortelles lorsqu’elles se combinent. La compréhension de ces interactions est essentielle dans des domaines tels que la recherche sur le cancer, où le ciblage des combinaisons génétiques spécifiques pourrait aboutir à des traitements plus efficaces.
« Chaque personne est porteuse de milliers de variantes génétiques. Il est essentiel de comprendre comment ces variantes interagissent pour mettre au point de nouvelles stratégies de prévention et de traitements des maladies », explique Elena Kuzmin.
Les résultats de ses recherches ont des implications importantes pour la médecine de précision. En schématisant les interactions génétiques, les chercheuses et chercheurs peuvent mieux prédire comment un individu peut réagir à des traitements tels que les thérapies anticancéreuses, les antibiotiques ou les immunothérapies.
Elena Kuzmin plaide également en faveur d’une plus grande diversité dans la recherche génétique. La plupart des études menées jusqu’à présent se sont concentrées sur les populations européennes, mais la diversité génétique au sein des différents groupes ethniques est indispensable pour bien comprendre les interactions génétiques. Elle espère voir davantage de projets de séquençage à grande échelle qui comprennent des populations sous-représentées et des projets de schématisation des interactions génétiques.
« Il s’agit de dresser un tableau plus complet et plus précis de la génétique humaine, explique-t-elle. Plus nous comprenons les interactions génétiques, plus nous sommes en mesure d’améliorer la santé des populations du monde entier ».